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Archives articles - page 2 -

- HENRI DUNANT

L'inoubliable bienfaiteur de l'humanité (seconde partie)

GUSTAVE MOYNIER

Il ne se doutait pas qu'en parvenant au domicile de GUSTAVE MOYNIER, en novembre, son livre allait susciter un véritable engouement chez cet homme de loi, philanthrope certes, mais à la philanthropie un peu trop raisonnée - trop sèche pour DUNANT. Ce fut, cependant, une rencontre déterminante, positive pour ses projets, puisque la Croix-Rouge allait en naître, mais négative pour les quarante-cinq années suivantes de sa vie, par l'éviction malveillante dont il fut l'objet et dont MOYNIER se fit l'instrument.

Avec MOYNIER, les décisions ne traînèrent pas. Le 17 février 1863 se réunirent pour la première fois les cinq membres d'une commission nommée huit jours auparavant dans le but d'examiner les propositions à faire pour les soins aux blessés. En plus de DUNANT et MOYNIER s'y trouvèrent le chirurgien LOUIS APPIA, le général GUILLAUME-HENRI DUFOUR et le médecin MAUNOIR.

Outre les questions relatives aux soins, y furent discutés les problèmes des transports, des volontaires, des hopitaux militaires. DUNANT, lui, insista sur ceux de la neutralisation des blessés et des corps soignants, un domaine dans lequel il ne fut pas suivi. Déjà commençait le face à face MOYNIER - DUNANT.

Ce dernier y aura presque toujopurs le dessous et ne s'en sortira que par une démission en 1867, chassé en quelque sorte de sa propre création. DUNANT n'appréciait pas les exposés publics mais en privé, il excellait. Nul, plus que lui, ne pouvait se montrer convaincant. Telle une crue, il emportait tout sur son passage. Son ouvrage fut plus qu'un succès littéraire. De toutes parts lui parvinrent des témoignages d'intérêts et des promesses d'appui. Empereurs, rois, princes, ducs, maréchaux le félicitèrent et la réaction chaleureuse de ses concitoyens prouva que Genève était toujours capable de s'enflammer pour les causes généreuses. DUNANT le rêveur, DUNANT, l'imaginatif, DUNANT, le mystique, voyait déjà flotter un drapeau - le même pour tous - qui protègerait le personnel sanitaire et les blessés, le drapeau de l'amour, de l'espoir et de la vie ... Quelle utopie!

N'occupant au sein du comité que la place de secrétaire, presqu'un siège de subalterne, sa proxilité persuasive - et son livre - le firent choisir  par le comité pour rencontrer toutes les personnalités susceptibles d'appuyer ses projets alors que MOYNIER s'y réservait la fonction de président. Septembre 1863 le trouva à Berlin, et là, de son propre chef, sans en référer au comité, il décida de frapper un grand coup.

CIRCULAIRE DE BERLIN

La réflexion est parfois profitable mais trop de réflexion nuit souvent à l'action. " Il n'est pas de chevalier sans prouesses " écrivit HENRI ESTIENNE. DUNANT était ce chevalier, il obéissait à son intuition, à une logique qui ne pouvait être celle du méthodique MOYNIER. Un  fossé d'incompréhension séparait les deux hommes. Des deux, DUNANT était le plus vulnérable et il souffrira intensément du rejet dont il sera gratifié par ses compatriotes à cause de sa pauvreté  et de l'accaparement de son oeuvre par MOYNIER. Pour l'heure, il se lança impétueusement à l'eau, sachant que sans neutralisation les proposition de Genève ne seraient  qu'imparfaites. Que signifieraient, en effet, des soins à des blessés que l'ennemi pourrait achever? des transports qui seraient canonnés ? des hopitaux qui deviendraient la cible de bombardements ? des médecins, brancardiers, infirmières, volontaires qui seraient aussi exposés que les combattants ? NEUTRALISATION, NEUTRALISATION, lui soufflaient sans cesse sa logique et sa charité.

Il fit donc imprimer une circulaire qui proclamait que " chaque gouvernement devra déclarer que, désormais, le personnel médical militaire et ceux qui en dépendent, y compris les secoureurs volontaires reconnus, seront regardés comme personnes NEUTRES par les puissances belligérantes". Audacieux DUNANT.

VON ROON

Le 17 septembre 1863, dans un bureau berlinois, il rencontra le ministre prussien de la guerre, ALBRECHT von ROON. Il le submergea de paroles et lâcha ce mot dont l'air fut tout bruissant : le NEUTRALISATION.

Pour von ROON, il évoqua le 24 juin 1859 - Solférino - parla de son travail humanitaire dans les églises de Catiglione; il revécut les efforts déployés auprès des blessés autrichiens, entièrement laissés à l'abandon par leurs ennemis; il rappela toutes les démarches faites et si souvent vaines. La suggestion émise dans son ouvrage avait électrisé les salons parisiens, dit-il, enthousiasmé les Hollandais, subjugué et charmé bien des Prussiens et avait pénétré jusque dans l'empire du tsar de toutes les Russies.

Devant von ROON, il fut intarissable. Le ministre avait été prévenu, mais comme bien des interlocuteurs de DUNANT, il succomba. Soudain, alors que le Genevois était emporté par sa fougue, le ministre l'interrompit, comme se parlant à lui-même : "La neutralisation des médecins et des volontaires entraînera celle des blessés". Pour la première fois, DUNANT resta sans voix. Le logique et pratique Prussien et l'idéaliste Genevois vécurent un instant d'intense communion. En sortant, DUNANT savait que la neutralisation médicale verrait le jour.

En octobre, il exposa sa requête à JEAN DE SAXE : à la fin du mois, une première conférence allait s'ouvrir à Genève. Un saxon devait grossir le nombre des délégués, car, dans cette oeuvre humanitaire, la Saxe  ne pouvait se mettre au bar de l'opinion. Les lettres de DUNANT inondèrent les ministères britaniques et français. A Vienne, il rencontra l'archiduc REGNIER conquis et, à Munich, le ministre de la guerre du roi de Bavière. NAPOLEON III, qui gardait l'effroyable souvenir de Solférino, fit taire la résistance de son ministre RANDON.

Malgré ses succès, DUNANT fut mal reçu par le comité genevois qui ne lui pardonnait pas son initiative. Décidément, la victoire souriait trop à ce jeune audacieux de trente et un ans.