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De A à Z dans le désordre - page 8 -

Abraham DUQUESNE

Fidèle parmi les fidèles

" D'argent au lion de sable armé et lampassé de gueules" ( Armes Duquesne )

Il semble qu'Abraham Duquesne ne soit pas un personnage qui fascine les historiens, tant est faible le nombre de ceux qui se sont penchés sur sa vie. Quelques lignes par ci, au sujet de ses victoires, par là, pour des bombardements punitifs auxquels il fut contraint. Nous apprenons qu'il naquit à Dieppe en 1610 - l'année où François Ravaillac trancha les jours de Henri IV - qu'il fut marin, l'adversaire victorieux de l'amiral hollandais Ruyter et huguenot inconvertible, ce qui l'empêcha de devenir maréchal de France. En gros, c'est là ce que tout un chacun sait d'Abraham Duquesne.

C'est peu pour une vie aussi remplie que fut celle de notre Dieppois et qui dura presque soixante dix-huit ans. Son père, Abraham Duquesne, premier du nom, était d'origine modeste, de religion protestante et ramateur de sonb état. C'est dire que notre héros fut à bonne école dès son jeune âge et que son amour pour la mer ne fut en rien contrarié. Il eut deux frères qui suivirent la même voie. L'un d'eux, Jacob, épousa Suzanne Guiton, fille du célèbre maire rochelais.

De l'enfance d'Abraham Duquesne, nous ne savons rien.



Le mois de juillet 1627 vit sa première prouesse - alors que son père gisait, malade, sur sa couchette - et sa rentrée triomphale à Dieppe, remorquant un navire hollandais bien pansu.

En 1634, il perdit son père, victime d'un coup d'épée espagnole.

Dieu et le roi

Par sa déclaration de guerre à l'Espagne, le 19 mai 1635, Lousi XIII allait permettre à Duquesne d'exploiter  et de prouver ses vertus.

Certes les qualificatifs ne manquent pas pour définir la vie de ce grand soldat.

La hardiesse, la bravoure, l'esprit de décision et offensif, l'habileté, la rapidité, la capacité, l'énergie mis au service d'une grande intelligence, lui échurent dans sa corbeille de naissance avec quelques gros défauts qui en firent un homme difficile et incommode.

Mais il est de notoriété publique qu'aux grands hommes, grands défauts. Ce n'est pas sur de tels traits que je veux m'appesantir.

Certaines circonstances de sa vie, sa carrière, l'époque à laquelle il vivait et sa religion m'ont révélé une autre qualité combien plus humaine et irrésistiblement attirante: sa fidélité.

Même si, dans l'étude de sa vie, nous voulions séparer sa fidélité au roi de sa fidélité à sa foi, nous ne pourrions, tant elles sont imbriquées l'une dans l'autre.

Jamais Duquesne n'a fait dépendre la première de la seconde, jamais sa fidélité ne fut soumise à un conditionnel.

Ce fut avec des chefs de valeur, tels que le cardinal Henri de Sourdis et Armand de Brézé, qu'il fit l'apprentissage de son métier.

L'année 1636 le voit promu au grade de capitaine d'escadre.

Avec le belliqueux prélat, il participa, en 1638, aux opérations sur la côte de la Biscaye ; en août 1639, son menton arrêta une balle de mousquet ; en 1640 et 1641, il collabora au blocus de Tarragone et aux combats des 4-5 juillet et 18 août 1641 - il avait, alors, trente et un ans et la responsabilité de cinq vaisseaux ; le 4 septembre 1643, par son action hardie et résolue, il prit une part active à la bataille - et victoire - de Carthagène.

Par manque de crédits, les années 1644 et suivantes, furent une sombre période pour la marine royale.

Duquesne, avec l'assentiment du roi, offrit ses services à la Suède. Il fit preuve de la même efficacité et en fut récompensé par le grade de major de vaisseau (contre-amiral), le 14 septembre 1644.

Il y bénéficiait, donc, d'un grade et d'une solde supérieurs joints à une foi identique. Ce dernier point n'avait pas dû être étranger à son choix.

Son retour en France, en 1647, fut, d'autant plus, l'expression de sa fidélité au roi.

Le 13 octobre 1646, la paix intervint entre la Suède et le Danemark. Pendant que son contrat courait encore, il fut désigné par Mazarin comme conseiller technique pour l'achat de vaisseaux, auprès de la reine Christine.

Le 5 août 1647, à la tête de sa petite escadre, Duquesne arriva dans le port de Dieppe, alors qu'Anne d'Autriche, le jeune Louis XIV et Mazarin y étaient en visite.

Quel hasard heureux!

Les canons tonnèrent, le petit roi applaudit d'enthousiasme.

Notre Dieppois remit au cardinal une recommandation élogieuse de la reine de Suède, ce qui le fit accéder, sans nul doute, au grade de chef d'escadre.

En 1647 et 1648, il participa, et n'en décoléra pas, à l'échec de l'expédition de Naples.

L'année 1651 fut, navalement, calme.

Duquesne en profita pour épouser Demoiselle Gabrielle de Bernières, union dont naîtont quatre fils.

Le 9 août 1652, assistant le duc de Vendôme à bord du "César", il participa au combat naval du pertuis d'Antioche qui débloqua La Rochelle, assiégée par les espagnols.

Au printemps 1667, il accéda au grade de lieutenant-général (contre-amiral).

La guerre de Hollande (1672-1678) succéda à la guerre de Dévolution (1667-1668).

En 1672, l'animosité et les allusions perfides de son supérieur hierarchique, le vice-amiral comte Jean d'Estrées, lui valurent une mise à pied.

Heureusement, ce dernier fut remplacé, en 1674, par le frère de Madame de Montespan, le duc de Vivonne, général des galères, homme courtois, aimable, mais irrésolu.

Le brave " Du Quesne "

Des renseignements inquiétants parvinrent à la cour.

Les Provinces-Unies fournissaient à l'Espagne l'aide de leur flotte, commandée par Ruyter.

Ce nom était synonyme d'invincibilité, d'où la crainte de Colbert qui écrivit à son fils : " L'armée navale sera sous les ordres du sieur Du Quesne et c'est ce qui me met en peine, ne trouvant dans mon esprit aucune comparaison entre la tête et le coeur de Du Quesne et celle de Ruyter ..."

Ce ne fut pas l'avis du roi qui lui garda sa confiance. L'avenir allait lui donner raison.

L'amiral Ruyter, qui déclarait attendre " Le brâve Du Quesne ", l'affronta personnellement le 8 janvier 1676, non loin des îles d'Alicuri.

La bataille fit rage pendant plus de dix heures et se termina par le retrait des Hollandais.

Ruyter, lui-même, se dit surpris par l'esprit offensif de Duquesne.

Ce dernier fut atteint à la jambe par un éclat de bois, blessure qui l'incommoda longtemps.

Le 22 janvier, la flotte française, victorieuse, fit son entrée à Messine.

De Paris, les félicitations plurent.

Pour la suite des opérations, le duc de Vivonne - qui faisait campagne sur l'île - donna l'ordre de se borner à l'observation de l'ennemi et au combat défensif. Ces restrictions allaient à l'encontre des desseins de Duquesne.

Le 22 avril, près d'Agosta, la marine royale rencontra les flottes hollandaise et espagnole. Selon sa tactique, Ruyter s'en prit  directement à Duquesne, qui montait le vaisseau-amiral.

Son bâtiment - le "Concorde" fut criblé de boulets.

L'un d'eux lui arracha le pied gauche et lui fracassa la jambe droite. A huit heures du soir, ce fut la retraite générale des alliés. Leurs pertes étaient extrêmes.

Le 1er mai, Duquesne apprit la mort de son illustre adversaire, décédé le 29 avril."O mon Dieu, mon âme a soif de Toi!" avaient été les dernières paroles de ce chrétien.

Les hollandais  s'étaient réfugiés à quelque 800 m de Palerme.

De Vivonne, jaloux des succès de son subordonné, reprit le commandement des escadres.

Le 2 juin, les brûlots, lancés contre la flotte ennemie, disposée en demi-cercle et à l'ancre, achevèrent l'oeuvre des deux victoires précédentes.

La rigueur inébranlable, l'exigence, la solidité de résolution et la ténacité que Duquesne déployait dans ses combats ou dans des travaux plus terre à terre, maintinrent sa foi huguenote au-dessus de la mêlée, contre vents et marées, c'est-à-dire contre Louis XIV et ses promesses d'honneurs soumises à condition d'abjuration,contre Colbert soumis à son maître et contre les vains arguments d'un Bossuet, spécialement dépêché par le roi pour le convaincre. Je ne citerai pour exemple que quelques lignes d'une réponse qu'il fit à Colbert, lettre pleine de dignité : " Et puisque c'est le commandement du Seigneur de rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu, César, sans doute ne trouvera pas mauvais qu'en lui rendant religieusement ce qui lui est dû, l'on rende aussi à Dieu ce qui lui appartient."

L'impossible bâton de maréchal

Ainsi, ce fut en vain, que le roi fit miroiter aux yeux du vieux soldat qu'était devenu Duquesne, le bâton de maréchal.

Jusqu'au bout, il voulut être en ordre avec sa conscience. Comme pour beaucoup de protestants, le roi était maître de son corps, de ses biens, de sa destinée, mais son âme appartenait à Dieu. La toute puissance de Louis XIV se brisa devant l'inflexible opiniâtreté  du vieil huguenot dont la fidélité à sa foi resta un exemple de fermeté et, certainement, conforta dans la leur bon nombre de ses coréligionnaires. Son abjuration eût, à n'en pas douter, entraîné une quantité d'apostasies.

Apès ses éclatantes victoires, il était en droit d'espérer un avancement. Sans abjuration, il n'en fut pas question.

Colbert alla même au-delà en lui conseillant " quelque nouvelle action éclatante" pour justifier les récompenses qu'il pourrait désirer. N'ayant rien à attendre d'un roi qu'il avait toujours soutenu, il continua de servir, dans ses expéditions sans gloire, consistant surtout en bombardements - Chio (1681) ; Alger (1682) ; de nouveau Alger .

Les écoeurements, les déceptions avaient jalonné sa longue carrière ; mais quand il obtint enfin de se reposer - il avait soixante-quinze ans - l'indignation qui l'avait soulevé si souvent avait fait place à l'abnégation.

Ainsi, il ne parvint jamais au grade d'amiral, ni même de vice-amiral.

Pendant quize années, il resta lieutenant-général. Par faveur exceptionnelle, il put demeurer en France, après la révocation de l'édit de Nantes, dans sa terre du Bouchet - près d'Etampes - que le roi lui avait offerte et érigée en marquisat, à condition de n'y pas célébrer le culte. Car, il faut reconnaître que ce serviteur ombrageux, prompt à la colère et au franc-parler, dont l'esprit critique et réaliste était le contraire de celui d'un courtisan, était aimé de son souverain.

Sa valeur, son expérience et ses bons conseils l'avaient rendu irremplaçable aux yeux de Colbert et de Louis XIV et leur avaient fait accepter son humeur bougonne et pointilleuse.

Sa diligence, son courage et sa fermeté lui avaient valu - c'était de bonne guerre! - un traîtement privilégié comparé à celui des milliers de ses coréligionnaires.

L'édit de révocationlui causa une affliction profonde et assombrit les années qui lui restaient à vivre : celle du départ de son fils aîné, Henri, protestant irréductible comme lui.

Lors de cette séparation, il prouva encore une fois son attachement au roi en faisant jurer sur la Bible, à ce fis qu'il ne reverrait plus, de ne jamaisporter les armes contre la France.

Le silence de "La Gazette"

Sa fin fut subite et survint le 1er février 1688.

Le grand soldat fut enterré à la tombée de la nuit, devant quelques serviteurs. La "Gazette", organe de la presse royale, n'en parla pas. Il n'en fut pas de même à l'étranger, surtout en Hollande, où sa valeur de soldat et sa fermeté de chrétien inspiraient respect et estime.

Ces quelques lignes n'ont qu'une seule ambition : faire et inciter à connaître encore davantage un chrétien fervent et ferme dans sa foi, un grand Français.

Car, si les manuels d'histoire rappellent,  en peu de mots, le valeureux guerrier qu'il fut, le silence et la nuit, dans lesquels la volonté d'un monarque surpuissant ont voulu plonger ce témoin fidèle, semblent se prolonger au-delà des siècles.

                                                                                          M. Delbouys

                                                                                          (30 août 2012)

 

                                                                                 





Temple d'Aubonne - Canton de Vaud - Suisse. Coeur de DUQUESNE - Temple d'Aubonne - Canton de Vaud - Suisse.

Duquesne Fils à son Père :

Ce tombeau attend les restes de Duquesne

Son nom est connu sur toutes les mers

Passant, si tu demandes pourquoi les Hollandais

Ont élevé un monument superbe à Ruyter vaincu,

Et pourquoi les Français

Ont refusé une sépulture au vainqueur de Ruyter

Ce qui est dû de respect et de crainte à un monarque,

Dont s'étend au loin la puissance,

M'interdit toute réponse.

Vergé Franceschi Michel. Un tricentenaire : 1688 -1988 ; Abraham Duquesne (1610-1688) et la marine de son temps. In: Histoire, économie et société. 1988, 7e année, n°3. pp. 325-345.

doi : 10.3406/hes.1988.2355
url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hes_0752-5702_1988_num_7_3_2355
Consulté le 01 septembre 2012

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