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SOUVENIRS D'UN AEROSTIER DE 1870

(seconde partie)

DOUZE JOURS POUR FABRIQUER UN BALLON

"Un choix a été fait, au meilleur coût. Pour la première fois, existerait une production en série et chaque ballon demanderait douze jours de fabrication, ce qui était relativement court. Il est à noter que la France était en avance en aérostation et que les Prussiens n'avaient pas de ballons ... Les deux ateliers - NADAR et GODARD - rive droite et rive gauche, parvinrent rapidement à en livrer un tous les quatre jours ... mais il fallait penser aux pertes possibles, aux accidents ... Le ballon devint, presque subitement, un élément de survie."

"Pendant les douze jours d'attente pour la livraison du premier, il fallut se contenter de vieux ballons encore en état de voler. "L'Impérial", évidemment rebaptisé "Le National" s'avéra trop décrépit et "L'Union" était du même acabit. Cependant, un rescapé de NADAR, "le Neptune", appartenant à DURUOF et "le Céleste" qui avait déjà servi à espionner l'ennemi lors des combats de Châtillon-sous-Bagneux, le 13 octobre - certes, aussi âgés que les précédents, mais peut-être encore en état de voler - allaient servir à redonner de l'espoir aux Parisiens."

"Bien souvent, un ver se glisse dans les fruits dits sains. Ce gouvernement de Défense nationale parut trop acquis à la paix ... non pas à la paix à tout prix, mais à une paix raisonnable. Combattre et espérer vaincre les Prussiens était une utopie. "La France n'était nullement prête à accomplir cet exploit", répondirent les "rouges" ... ils avaient raison, mais était-ce le moment d'attaquer ce gouvernement? L'affaiblir dans ces moments critiques faisait le jeu de l'ennemi. Le vin était pressé, il fallait le boire ... c'est-à-dire qu'il fallait faire corps avec le gouvernement pour s'en sortir le moins mal possible."

"Le 23 septembre au matin, alors qu'une redoute fasait tonner ses canons près de Villejuif, une foule dense s'agglutina sur la place Saint-Pierre ... le bouche à oreille avait fonctionné ainsi que le savoir-faire de NADAR pour attiser la curiosité. Les ouvriers, les commerçants, les ménagères côtoyaient beaucoup de notables, venus des beaux quartiers de la capitale ; des politiciens, qui, pour l'occasion, manqueraient une séance au Palais-Bourbon ; de nombreux journalistes, qui, pour rien au monde, ne voulaient rater cette première ; des employés des postes, chargés de sacs de dépêches ... tous vinrent voir s'élever le "Neptune". Tous étaient tendus par une extrême attention. DURUOF était aux commandes. Délesté de tout ce qui le retenait au sol, tel une fusée, le ballon partit à la conquête de l'espace. Une folle acclamation salua l'exploit. Le spectacle était gratuit et réussi, et, dans chaque maison, les commentaires allaient bon train. On pouvait critiquer le gouvernement, il venait, cependant, de donner la preuve de sa volonté de tenir."

"Ce fut le dernier vol du "Neptune" car son enveloppe se craquelait, déchirée, le gaz fuyait. Au bout de trois heures, après avoir survolé les Prussiens qui le visaient inutilement, il se posa dans une propriété près d'Evreux, qui appartenait à un défenseur de Paris. Ce vol restera mémorable ... "l'Aéropostale était née" ... et l'espoir renaissait."

"De vieux ballons reprirent du service, tel "le Céleste", avant l'arrivée de la nouvelle génération. Ce dernier fut l'un des dons faits par GIFFARD au génie militaire. Parti sept jours plus tard d'une usine à gaz et bénéficiant d'un vent d'ouest, il atteignit 1.800 m. d'altitude, donc intouchable par les tirs ennemis, et se posa deux heures vingt plus tard, près de Dreux. Il était conduit par un aérostier déjà célèbre, GASTON TISSANDIER."

"certaines prescriptions du gouvernement concernant les prochaines élections, furent annulées ou refusées par la délégation de Tours. Pour la faire obéir, un émissaire de poigne fut choisi : c'était le "jeune" GAMBETTA. En effet, il n'avait que 32 ans. Pour son voyage, il n'avait qu'un seul moyen de locomotion possible : le ballon. Donc, avec son ami et chef de cabinet SPULLER, il prit place dans la nacelle de "l'Armand-Barbès", flambant neuf. Le départ était fixé au 4 octobre, mais les conditions météorologiques l'ont retardé jusqu'au 7. Enfin, le fameux "lâchez tout" a été crié et le gros ballon jaune a foncé vers le ciel."

"Il a été raconté que dans la nacelle, GAMBETTA et SPULLER regardaient le pilote avec inquiétude : il portait trop souvent une gourde à la bouche. C'était un poivrot qui avait 78 ascensions à son actif, cela ne l'empêchait pas d'avoir peur des tirs prussiens. Après trois descentes : en pleine campagne occupée par l'ennemi, devant une ferme remplie de Prussiens et enfin sur le plus grans arbre d'une forêt, dont, par chance, il fut tiré par des franc-tireurs, GAMBETTA arriva à Amiens, puis à Rouen et enfin à Tours, sain et sauf. Quant à "l'Armand Barbès", il termina déjà sa courte vie. Que de péripéties, alors que le numéro deux, "le George-Sand", acheté par deux hommes d'affaires américains et piloté par JOSEPH DE REVILLIOD, fit un parcours sans histoire! Les deux passagers firent alors cadeau de leur ballon, devenu encombrant, à la Défense."

"Les deux aérostats suivants, le Washington" et "le Louis-Blanc" partirent le 12 octobre, l'un de la gare d'Orléans, à huit heures trente, et l'autre à neuf heures, de la place Saint-Pierre. Le "Washington" transportait, entre autres, un colombophile belge et 25 pigeons dans leurs paniers. Après un survol mouvementé des lignes allemandes, par un temps de tempête, le pilote ALBERT BERTAUX décida de toucher terre. A cause des rafales, il se blessa gravement mais le Belge s'en tira seulement avec quelques contusions. La tempête fit aussi  rage sur la Belgique où "le Louis-Blanc" fut entraîné. Arrachant un toit, il finit par se déchirer sur un arbre, trois heures trente après son envol, à huit kilomètres de Tournai."

La destruction des ballons n'entraîna pas l'interruption de leur construction. Le 14 octobre, de la gare d'Orléans, alors que le vent changeait de direction, s'éleva "le Jean-Bart N° 1" piloté par ALBERT TISSANDIER, frère de GASTON, qui le vit atterrir à sept kilomètres de Nogent-sur-Seine. Un voyage sans histoire pour EMILE-VICTOR FERRAND, chargé de mission. De là, il put gagner Tours."

"Les "Jules-Favre N°1" et "Jean-Bart N° 2" s'envolèrent le 16 octobre à la faveur du vent S.S.O. A bord du premier, se trouvait CHARLES BUREAU, agent secret du général TROCHU. Evidemment, après bien des détours, tous ces passagers allaient à Tours. Le détour de BUREAU passa par le Hainaut belge, à onze kilomètres de Chimay."

"Allait-on manquer d'aéronautes? Pour y pallier, l'amiral CAMILLE LA RONCIERE LE NOURY fit appel à ses marins, disciplinée et braves. EUGENE GODARD, qu'on appelait "l'aéronaute de l'Empereur" devait être leur professeur. Le "Jean-Bart N°2" fut donc piloté par le premier marin-aérostier. Au-dessus de Soissons, des balles prussiennes atteignirent le ballon et la nacelle. Deux sacs de courrier furent sacrifiés pour faire monter le ballon, mais le gaz fuyant, il fallut atterrir en catastrophe, à dix kilomètres de Dinant, en Belgique. Ce n'était pas, évidemment la destination des passagers."

"A l'usine de gaz de La Vilette, le 17 octobre, à deux heures de l'après-midi, les badauds contemplaient le plus gros des vétérans : "le Géant" rebaptisé "la Liberté". Le pilote WILFRID DE FONVIELLE allait monter à bord ainsi que son passager, un permissionnaire. Le ballon était gonflé, mais certainement une erreur de gonflage fit un trou. Le filet n'êtant pas encore entièrement fixé, le ballon profita de l'ouverture pour jouer les filles de l'air. En choisissant la liberté, il régla aussi son sort : tombé vers Bobigny, les Prussiens le découpèrent pour s'en faire des tentes."